Vies Parisiennes

La chronique parisienne de Stéphanie Pfeiffer

La chronique parisienne de Stéphanie Pfeiffer

Comment ressentez-vous Paris ? C'est la question qu'on a posé à quelques Parisiens. On leur a demandé d'enlever les couches qu'on connait trop bien : celles de la ville qui nous stresse et qui nous fatigue. Et là, on a vu la couche d'en dessous : celle de la ville qui nous attache. Qui nous rattache. Et qui nous fait grandir. C'est cette couche-là qu'on vous fait découvrir aujourd'hui avec cette nouvelle rubrique qui ponctuera nos mails habituels : Les Chroniques Parisiennes. Cette rubrique est la vôtre, on vous laisse nous raconter les histoires du quotidien qui vous lient à Paris. Aujourd'hui, on donne la parole à Stéphanie Pfeiffer, qui va nous parler de "groove d'immeuble". 
 


Dans la vie, il y a :
- la famille avec qui on grandit
- celle qu’on se construit : les amis
Je pensais avoir fait le tour, et puis à en 2020, j’ai découvert une troisième famille : les voisins d'immeuble.

Moi, quand je débarque dans un immeuble, je parcours tous les noms sur les boîtes aux lettres, et je glisse un petit mot pour me présenter. J’aime bien, ça me donne l’impression de faire un peu connaissance. Normalement ça s'arrête là : aux boîtes aux lettres, aux bonjours convenus, aux bruits et aux odeurs anonymes. L'aspirateur de l'un, la chasse d'eau de l'autre à 2h du matin, l'odeur de pizza-maison du palier d'en face ... dans nos cages d'escaliers se joue la valse quotidienne des vieilles bâtisses parisiennes. 
Pendant un an, donc, ma vie d'immeuble s'est résumée à entrer et sortir de mon appartement.
Et puis le confinement est arrivé, et tous mes sens n'ont eu plus que ça à faire : deviner la vie de mes voisins. Les étiquettes de la boîte aux lettres, le chef derrière cette odeur de pizza, l'hôte des apéros entre potes sur la terrasse du rez-de chaussée… c’est qui ?

Alors, à la fin du confinement, j’ai frappé aux portes de mes voisins, et j'ai eu des surprises à chaque palier. Petit à petit j'ai mis des noms sur les bruits : le claquement de porte en plein milieu de la nuit, c'était Géo qui rentrait du boulot. L'aspi', c'était Stéphanie qui avait encore renversé un paquet de spaghetti. On a même créé un groupe whatsapp pour s'entraider : prêter un marteau à Majo, ouvrir à Alex qui a (encore) oublié ses clés, se relayer pour frapper chez la vieille dame du premier, retrouver le chat de François qui avait disparu...
Notre immeuble est devenu un foyer. Le chat de François a été retrouvé sur les toits, et Tommaso, le chef caché derrière l'odeur de pizza qu'on jalousait tant, nous a enfin invités à dîner.
Un immeuble en fait, c'est une opportunité simple de faire communauté. Il faut juste trouver un groove commun.
En 2021, j'ai quitté le 11e arrondissement pour m'installer dans le 17e. Et tenez-vous bien, dans mon nouvel immeuble je n'ai que deux voisins. Mais ma curiosité a trouvé un nouveau terrain de jeu : de l'autre côté de la rue, j'entr’aperçois un fan de ligue 1 devant la télé, un couple qui danse dans le salon et une femme qui fume au balcon. Pour l'instant je laisse mon imagination les esquisser, mais j'ai déjà hâte de partir à la rencontre de mes nouveaux voisins. 

Cette chronique a été écrite par Stéphanie Pfeiffer, qui a créé un blog dédié à ses voisins.
Vous voulez nous envoyer votre chronique parisienne ? Ecrivez nous à chronique@mylittleparis.com et vous serez peut-être publié. On a hâte de vous lire. 

 © photo de l'immeuble de nuit :  toits_de_paris

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