On est allés voir : un bal de danse folk à Paris

On est allés voir : un bal de danse folk à Paris

Parfois. Voire souvent. Allez, presque tout le temps, on se rend compte que ce qui valait vraiment le coup, c'était justement de l'avoir tenté, le coup. Parfois on est allés voir pour rien, parfois on s'est cassé le nez, parfois on s'est plantés, parfois on s'est fait refoulés, parfois on a halluciné. Et parfois, plus que de vous recommander, on a surtout envie de vous raconter. Et ça c'est dans notre nouvelle rubrique :  ALLER VOIR. Alors on y va ? 



Samedi dernier, alors qu’on se hissait rue de Ménilmontant (14 % de pente quand même), on est tombés sur ça :




Une initiation à la danse de bal folk, chaque mercredi soir au café-atelier Le Dorothy.

C’était quelques mois après la sortie du film Le grand bal, de Laetitia Carton. Un docu-émotion sur le Grand Bal de Gennetines qui, chaque année depuis 27 ans, voit affluer des milliers de personnes de toute l’Europe. Là, jour et nuit pendant deux semaines, ils dansent, dansent et dansent encore, à en perdre l’équilibre et la notion du temps. Pourtant, ce n’est ni de la techno ni de la trance, mais des danses traditionnelles dites de “bal trad”, méconnues de la plupart des Français.

Ce film-là, on l’avait adoré. Parce que comme ils disaient dans ce docu, " Le bal, c'est un des rares espaces où on se touche, même si on ne se connait pas. Danser à 2, 4, 100, c'est toucher à la joie pure. "


Le rendez-vous était pris : on reviendrait mercredi.

19h22. On arrive en avance. C’est 6 € le cours, et 1 centime l’adhésion à l’asso. “Ça devrait pas tarder à commencer” nous glisse Constance. Alors on papote avec les bénévoles et les adhérents, celles et ceux qui font tourner le lieu.  Ça se tutoie vite, c’est simple et sympa. L’ambiance aidant, on se dit qu’on ferait peut-être bien de vider un gobelet. Pour se motiver. Et puis non, on est en retard en fait : le cours a déjà commencé.

19h36. À peine le temps de choper une main gauche à droite, une main droite à gauche, et la musique démarre. Evidemment, on ne connaît pas les pas… et on se demande un peu ce qu’on fout ici.

19h44. On a loupé les présentations mais le prof est facile à identifier : émacié, les cheveux aux fesses et l’air nonchalant, Yvan – il pourrait bien s’appeler comme ça – a la dégaine de l’emploi. En tout cas, celle qu’on imaginait : mi-hippie, mi-artiste. Il nous encourage : « En bal, si vous êtes debout, vous dansez déjà mieux que la plupart des gens. » Ça devrait aller.

20h29. Ça y est : on a pied. On est entré dans la danse, littéralement. On a dansé la mazurka, la scottish et la bourrée à trois temps. Changé dix fois de partenaire, bravé son propre ridicule dans le miroir, ri un peu et beaucoup souri. Ce qui, d’après Yvan, montre que tout le monde a pris son pied.

20h36. L’initiation est terminée. Les musiciens s’installent pour le bœuf sous les indications d’Olivier, le banjoïste qui mènera la session. À peine le temps de souffler qu’Olivier crie déjà : « Mazurka ! » La soirée ne faisait que commencer.

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