La BD qui fait rêver

“Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité.” Il y a près d’un siècle, Saint-Exupéry posait les bases. En 2026, l’autrice et illustratrice Maëva Tur y ajoute sa petite touche 2.0 : “Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité… virtuelle”. Une maxime qu’elle applique justement à son héroïne.
Pour fuir la solitude, Ariane enfile régulièrement son casque de réalité virtuelle et se connecte à Spacehike, programme imaginé par son mari mystérieusement disparu. Et là, on retient son souffle. Elle bascule : se retrouve catapultée au milieu des montagnes rouges, à chevaucher majestueusement un buffle, elle évolue au beau milieu d’une jungle luxuriante, se retrouve suspendue en orbite dans l’espace… À chaque connexion, le réel s’efface un peu plus. Jusqu’à flotter dans un entre-deux, entre rêveries et imaginaire.
On s’émerveille. Quand elle traverse ces sublimissimes décors, les couleurs pètent : verts hyper vifs, rouges flamboyants, reflets cosmiques argentés, qui tranchent avec son quotidien pastel et doux. On compatit. On perçoit la solitude d’Ariane, ses angoisses, son désir d'émancipation. On décèle des références mythologiques et des clins d’œil féministes. Tout ça, dans une BD pourtant écrite sans dialogues.... Cerise sur la comète : tout a été dessiné au crayon de couleurs.


















